El Mansouri : L’urbanisme marocain doit désormais intégrer la résilience hydrique

El Mansouri : L’urbanisme marocain doit désormais intégrer la résilience hydrique

La ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri, a appelé, lundi à Rabat, à ériger la résilience hydrique en un standard national et à en faire désormais « une exigence fondamentale » en matière d’urbanisme.

S’exprimant lors d’un atelier de travail organisé par le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, en partenariat avec la Fédération « Majal » des Agences Urbaines, sous le thème « L’eau entre abondance et rareté: de la planification territoriale à la résilience urbaine », Mme El Mansouri a fait remarquer que le Maroc fait face aujourd’hui à une nouvelle réalité climatique marquée par une rareté hydrique structurelle qui s’installe, conjuguée à des épisodes d’inondations intenses qui se multiplient.

Dans une allocution lue en son nom par le secrétaire général du ministère, Youssef El Hosni, la ministre a souligné que cette double pression impose d’opérer un changement profond de paradigmes, notant que la prochaine génération de documents d’urbanisme devra obligatoirement intégrer les contraintes hydrologiques, les bassins versants et les zones inondables.

Et de préciser que tout document d’urbanisme qui ignore le risque hydrique ou qui contribue à l’imperméabilisation des sols constitue « un document incomplet », voire « générateur de vulnérabilité pour le territoire concerné ».

A cette occasion, la ministre a mis en avant l’anticipation des vulnérabilités territoriales et le renforcement de la capacité de résilience des territoires face aux risques climatiques, devenus une nécessité pressante portée par un acteur public fort et engagé.

Dans ce cadre, Mme El Mansouri a précisé que la réforme des Agences urbaines et leur transformation en Agences régionales de l’urbanisme et de l’habitat ne constitue pas une simple réforme administrative, mais il s’agit bel et bien d’une réforme stratégique. L’objectif étant, selon elle, de disposer d’agences capables d’intégrer les cartes des risques dans les documents d’urbanisme, d’exploiter les données climatiques et d’orienter les choix territoriaux avec responsabilité.

Par ailleurs, Mme El Mansouri a estimé que la gestion exemplaire des dernières inondations a démontré la capacité de l’État à agir avec responsabilité et efficacité, émettant ainsi un message clair selon lequel « l’anticipation doit désormais primer sur la réaction ».

De son côté, le président de la Fédération des agences urbaines du Maroc, Said Lahbil, a souligné l’importance pour les agences urbaines de prendre en considération les données relatives aux inondations et de les intégrer dans la planification urbaine, appelant à adopter des mesures anticipatives, tant sur le plan des études préalables que celles d’accompagnement spécialisées, afin d’assurer une gestion efficace de ces risques.

M. Lahbil a indiqué que cet atelier stratégique vise à harmoniser les visions autour des problématiques actuelles liées à l’urbanisme et à l’habitat, dans un contexte territorial et urbain marqué par de profondes mutations climatiques qui imposent de nouvelles approches d’adaptation et de résilience.

Les travaux de cet atelier ont porté notamment sur l’approche institutionnelle de la résilience territoriale face aux risques d’inondation, le diagnostic territorial de la ressource en eau dans un contexte de changements climatiques, l’intégration du risque hydrique dans les outils de planification urbaine, ainsi que la présentation d’un outil SIG (Système d’information géographique).

Dans le cadre de la « Déclaration de Rabat », rendue publique à l’issue de cette rencontre, les agences urbaines ont réaffirmé leur pleine mobilisation pour la mise en œuvre des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, appelant à une gestion responsable, durable et anticipative des ressources hydriques, ainsi qu’à une adaptation proactive des territoires face aux mutations climatiques.

Les participants ont également exprimé leur détermination à faire de la résilience hydrique un principe structurant de la planification territoriale et à accompagner, dans le cadre de la dynamique de transformation des Agences urbaines en Agences régionales d’urbanisme et de l’habitat, la construction de territoires plus résilients, plus durables et plus sûrs pour les générations futures.

En vertu de cet engagement collectif, les agences se sont en outre engagées à encourager un urbanisme sobre et efficient dans l’utilisation de la ressource en eau, en soutenant l’efficacité hydrique dans les projets de logement, en renforçant les capacités d’anticipation et d’expertise territoriale, et en développant des outils numériques d’aide à la décision, notamment les systèmes d’information géographique dédiés au suivi des risques hydriques et à l’analyse prospective des dynamiques territoriales.

Dans le même esprit, les différents participants ont réaffirmé leur engagement à développer une planification adaptative, capable d’intégrer les projections climatiques et d’ajuster les règles d’urbanisme, tout en veillant à consolider la gouvernance territoriale de l’eau, à travers le renforcement de la coordination entre les départements ministériels, les agences de bassins hydrauliques, les collectivités territoriales et les agences urbaines.

Cette rencontre a également été marquée par la remise du « Prix de l’efficacité hydrique dans le logement », lancé par le ministère en partenariat avec le Groupe Al Omrane, visant à promouvoir le recours à des solutions techniques innovantes en matière d’efficacité hydrique dans l’habitat et à vulgariser les bonnes pratiques pour réduire la consommation d’eau dans les projets de construction ou de rénovation des logements.

Le premier prix du « Concours d’idées », dans la catégorie des professionnels a été attribué à Younes Salami, enseignant et ingénieur à l’École nationale d’architecture de Fès, tandis qu’il a été décerné, dans la catégorie des étudiants, ex æquo, à deux groupements issus de l’École nationale d’architecture de Rabat et d’Agadir. De même, le prix d’encouragement a été attribué à plusieurs étudiants.

L’organisation de cet atelier s’inscrit dans un contexte institutionnel et territorial marqué par des transformations accélérées, notamment la transformation des Agences urbaines en Agences régionales d’urbanisme et de l’habitat, l’actualisation du cadre juridique de l’urbanisme, ainsi que l’intensification des contraintes climatiques propres à chaque territoire.



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