Maroc Digital 2030 : une étape clé de la transformation numérique du Royaume (Seghrouchni)
La stratégie “Maroc Digital 2030” constitue une étape charnière dans le processus de transformation numérique du Royaume, a affirmé, jeudi à la Fondation diplomatique à Rabat, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni.
S’exprimant lors du 152è carrefour diplomatique, en présence d’ambassadeurs accrédités dans le Royaume et de représentants d’organisations internationales, Mme Seghrouchni a expliqué que le Royaume a engagé une réflexion de fond sur sa trajectoire numérique en refusant de choisir entre dépendance ou repli.
A cet égard, la ministre a précisé que la démarche marocaine se base quatre piliers, à savoir une souveraineté technologique opérationnelle, avec des choix courageux en matière d’infrastructures, de législation et de gouvernance des données, ainsi qu’une modernité authentique, enracinée dans l’Histoire du Maroc et adaptée à son contexte économique, social et culturel, avec pour ambition de faire émerger une intelligence artificielle marocaine maîtrisée, utile et ancrée dans la réalité économique du pays.
Il s’agit également, selon Mme Seghrouchni, de tirer bénéfice du positionnement stratégique du Maroc pour jouer un rôle d’équilibre dans la recomposition des rapports de force technologiques mondiaux et de faire du Royaume une boussole stratégique pour le dialogue international, en faisant le choix d’un multilatéralisme actif, permettant de tisser des collaborations créatrices de valeurs partagées.
“La transformation numérique qui réussit est celle qui est pensée, planifiée, évaluée. Elle n’est pas une fin en soi, elle est au service d’une vision de la société et de l’État”, a-t-elle ajouté, notant que le Maroc a fait le choix de la souveraineté sans isolement, la modernité sans mimétisme et la coopération sans subordination. La ministre a également appelé à unir les forces pour bâtir une administration plus simple, plus sûre et plus humaine au service des citoyens et de la souveraineté.
Pour sa part, le président de la Fondation diplomatique, Abdelati Habek, a indiqué que le Maroc s’est engagé ces dernières années de manière concrète dans des chantiers de réforme de l’administration, à travers l’adoption d’un ensemble de réformes structurelles, dont la simplification des procédures administratives, la consécration du principe de décentralisation administrative, le renforcement de la bonne gouvernance, ainsi que l’accélération du rythme de la transformation numérique.
S’engager sur la voie de la numérisation est devenu un choix stratégique incontournable, a-t-il poursuivi, relevant que le Maroc s’est employé à suivre cette dynamique mondiale en lançant une série de projets et de programmes visant à renforcer l’infrastructure numérique et à développer des services publics innovants qui répondent aux attentes et aux aspirations des citoyens.
M. Habek a souligné que les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, tout comme les défis qu’elle pose, revêtent un caractère transfrontalier, ce qui nécessite de renforcer la coopération entre les États afin d’orienter cette technologie et de la mettre au service d’un développement global et durable, notant, à cet égard, que le Maroc et l’Union européenne ont récemment lancé un dialogue stratégique sur le domaine numérique visant à renforcer la coopération dans des domaines importants liés à l’intelligence artificielle, aux infrastructures numériques et à l’innovation.
Marqué par la présence d’ambassadeurs et de représentants de plus de 60 pays et organisations internationales, cet événement s’inscrit dans le cadre de la série de rencontres tenues par la Fondation diplomatique autour des grands chantiers de développement engagés dans le Royaume.