Après les déclarations d’Ouzzine, l’ANME décrète le boycott du Mouvement populaire

Après les déclarations d’Ouzzine, l’ANME décrète le boycott du Mouvement populaire

L’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) a vivement dénoncé les propos tenus par Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement populaire, à l’égard du président de l’Association marocaine des éditeurs, les qualifiant de « blessants, méprisants et offensants sur le plan personnel ».

Dans un communiqué, l’ANME relève que Mohamed Ouzzine a choisi de signer sa publication en sa qualité de secrétaire général d’un parti politique. Selon l’association, cette démarche fait que l’affaire « ne relève plus d’une simple réaction personnelle ou d’un différend passager », mais constitue désormais une prise de position émanant d’un responsable politique, mettant en jeu sa fonction, son statut et l’image de l’institution qu’il représente.

L’association estime que les attaques visant son président en raison de sa qualité et de ses positions ne concernent pas uniquement sa personne. Elles portent également atteinte, selon elle, à une organisation professionnelle nationale, ainsi qu’aux éditeurs et journalistes qui l’ont démocratiquement élu pour les représenter et défendre l’indépendance de la presse marocaine et la dignité des professionnels du secteur.

L’ANME considère que les propos du secrétaire général du Mouvement populaire « ne sont pas à la hauteur de la responsabilité politique ni du statut d’un chef de parti ». Elle ajoute que cette publication intervient dans le prolongement de précédentes déclarations de Mohamed Ouzzine sur la deuxième chaîne, à la suite de l’agression d’une équipe de « Chouf TV » à Khénifra et dans la vallée d’Ifrane alors qu’elle couvrait les difficultés rencontrées par des habitants touchés par les pluies torrentielles. Cette affaire avait fait l’objet de plaintes auprès des services de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie royale, rappelle l’association.

L’ANME revient également sur des déclarations antérieures du secrétaire général du Mouvement populaire lors des débats parlementaires consacrés au projet de renouvellement des structures du Conseil national de la presse. Selon le communiqué, Mohamed Ouzzine avait alors qualifié l’association de « secteur des maquignons ».

Dans une nouvelle escalade, l’Association nationale des médias et des éditeurs annonce par ailleurs avoir décidé « d’ignorer les activités du Mouvement populaire et de son secrétaire général ». Elle justifie cette décision par ce qu’elle présente comme des tentatives de conclure des « marchés visant à corrompre le paysage médiatique » et d’utiliser la couverture médiatique au service de la campagne électorale du parti.

L’association affirme enfin qu’elle assumera sa responsabilité en « dénonçant toutes les dérives » qu’elle attribue au secrétaire général du Mouvement populaire, aussi bien dans le domaine de la gestion des affaires locales que dans celui de la représentation des électeurs au sein des institutions législatives.

Cette nouvelle passe d’armes intervient dans un contexte de tensions croissantes entre plusieurs organisations professionnelles et certains acteurs politiques autour de la gestion du paysage médiatique et des relations entre les partis politiques, les médias et les éditeurs.



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