La bosse du chameau ou l’aveuglement médiatique

Face à ces attaques injustes, ma plume n’est que l’écho d’un sentiment largement partagé : l’attachement profond à notre pays et à nos institutions. Car au-delà des mots, le patriotisme reste un réflexe viscéral, et ce réflexe n’a rien de singulier. Débattez, analysez, critiquez si vous voulez, mais sans dénigrement, sans stigmatisation, et surtout : ne touchez jamais à nos repères. En agissant ainsi, vous ne trahissez pas seulement la réalité marocaine : vous bafouez aussi vos propres valeurs républicaines.
De la sagesse populaire à la myopie du récit
Chez nous, il existe un proverbe chargé de sagesse : « Le chameau ne voit pas sa bosse ». Autrement dit, chacun est prompt à relever les défauts d’autrui mais reste aveugle aux siens propres. Cette maxime, universelle et intemporelle, invite à l’humilité et dénonce l’aveuglement volontaire.
Or, c’est précisément ce travers que l’on retrouve dans certains récits médiatiques sur le Maroc. Comme beaucoup d’expressions populaires, ce proverbe perd de sa force lorsqu’on l’arrache à son contexte culturel. De la même manière, la réalité marocaine, lorsqu’elle est racontée par certains médias étrangers, est souvent simplifiée, déformée ou caricaturée.
Les articles récents publiés par Le Monde en sont une illustration. Plutôt que d’analyser avec rigueur la trajectoire d’un pays en pleine mutation, ils préfèrent pointer du doigt à travers des clichés et des ragots, en ignorant leurs propres contradictions. Ici, ce n’est plus l’honnêteté intellectuelle qui guide la plume, mais une intention biaisée, proche de la préméditation et du guet-apens.
Presse sans repères, vérité en danger
On peut critiquer, débattre, questionner : c’est le rôle de la presse. Mais ce que fait Le Monde avec le Maroc ressemble moins à une investigation qu’à une campagne systématique. Les titres, les angles, les insinuations : tout semble répondre à une logique de dénigrement.
Les accusations lancées ne s’appuient sur aucune preuve solide. Elles se nourrissent de témoignages orientés ou anonymes, rarement croisés, jamais vérifiés. Et, plus troublant encore, on a le sentiment que le récit est écrit d’avance, avant même que les faits soient établis, comme si l’information n’était qu’un prétexte à dérouler une histoire préconstruite.
Cela pose une question : pourquoi tant d’acharnement sur un pays qui, malgré ses défis, avance avec constance ? À lire certains papiers, on en vient à douter : s’agit-il encore de journalisme ou d’une entreprise politique et financière visant à salir l’image du Royaume ?
Le soupçon n’est pas gratuit : il est légitime. Car rien ne l’est jamais. Si l’argent se prétend neutre et sans odeur, il laisse parfois derrière lui le parfum lourd des compromissions, des tractations occultes et d’un mercenariat déguisé.
Dans un monde devenu immonde, certains médias ont choisi le sensationnalisme. Le Monde, lui, n’y échappe pas. La rime n’est pas anodine : elle dit tout d’un glissement. Loin de remplir sa mission d’éclaireur, le journal s’installe dans une posture commode : fabriquer du bruit plutôt que chercher la vérité. Peu importe la réalité vécue par les peuples, ce qui compte désormais, c’est le récit taillé pour frapper les esprits.
Ce glissement est grave. Car lorsque Le Monde – autrefois référence d’exigence intellectuelle se met à troquer l’analyse contre le jugement à l’emporte-pièce, il ne fait pas que trahir le journalisme, il alimente la défiance. Défiance des citoyens envers leurs institutions, défiance des lecteurs envers la presse elle-même. Et ce poison, une fois injecté, se diffuse plus vite que la vérité.
L’ironie est flagrante : ce journal qui adore distribuer des leçons refuse obstinément de regarder chez lui. Plutôt que de balayer devant sa porte française, il s’acharne à scruter le Maroc avec une loupe déformante. Pourtant, la France vit l’une de ses crises sociales et politiques les plus profondes. Mais peu importe : Le Monde préfère gonfler la moindre aspérité marocaine et ignorer l’essentiel, un pays qui avance, se transforme et bâtit son avenir avec constance.
Alors oui, Le Monde peut continuer à jouer avec le sensationnel. Mais qu’il ne s’étonne pas, demain, de perdre ce qui faisait sa force : la confiance. Car sans vérité, il ne reste qu’un vacarme creux, qui sonne fort mais ne dit rien
Pourtant « Le Monde » a de quoi se mettre sous la dent
La matière ne manque pas pour nourrir de véritables enquêtes journalistiques : la France est en branle-bas. Tandis que certains médias préfèrent détourner leur regard, le pays traverse l’une des périodes les plus incertaines de sa Ve République.
Le pouvoir vacille. Le Premier ministre est menacé de renversement, et le Président, fragilisé, se retrouve pris dans un climat où chaque option, dissolution, démission ou gouvernement sous perfusion, semble possible. Le Parlement, lui, ne parvient plus à dégager une majorité stable. Les extrêmes progressent, les partis traditionnels s’effritent, et l’hémicycle ressemble davantage à un champ de bataille qu’à une chambre de délibération.
La rue n’est pas plus calme. Les réformes sociales ont laissé des cicatrices encore ouvertes. Le souvenir des gilets jaunes flotte toujours dans l’air, comme un avertissement. La colère populaire, parfois diffuse, parfois explosive, continue de gronder et traduit une fracture sociale profonde.
À cela s’ajoutent des difficultés économiques persistantes : dette écrasante, croissance molle, inquiétudes sur le pouvoir d’achat. Autant de signes d’une France sur la défensive, inquiète de son avenir et traversée par des doutes.
Bref, la tempête est bien réelle. Voilà ce qu’un journal responsable devrait analyser : ouvrir des débats sérieux, proposer des pistes de sortie, contribuer à éviter à la France un chaos politique. Au lieu de cela, Le Monde jette son dévolu sur le Royaume et s’égare dans des fictions dignes d’un thriller hitchcockien ou de romans à suspense où l’imaginaire flirte avec l’extravagance, façon Guillaume Musso.
Observer la situation française fait partie de notre culture : nous suivons, nous commentons, nous analysons son actualité sans nous immiscer dans ses affaires intérieures et sans jamais
chercher à dénigrer ni à personnifier, toujours en respectant la sphère privée de tout acteur public, français ou autre. C’est là notre culture, notre civilisation millénaire : observer, analyser, commenter, mais jamais stigmatiser. La France est un pays ami, respecté et partenaire stratégique. Par respect et par souci de vérité, nous décrivons les faits tels qu’ils sont, persuadés que ce pays saura, comme toujours, transformer ses épreuves en force.
Faire et laisser braire
Pendant que les envieux se rongent les doigts, le Maroc poursuit son chemin avec constance et unité. Les défis sont nombreux, mais la direction reste claire.
La régionalisation avancée a doté les douze régions de moyens renforcés pour réduire les inégalités territoriales et ancrer le développement dans la proximité. Les grandes infrastructures stratégiques, de Tanger Med à Al Boraq en passant par les énergies renouvelables, constituent autant de leviers de modernisation et de rayonnement international. Sur le plan social, la généralisation de la couverture médicale et l’élargissement de la protection sociale traduisent une volonté claire de justice et de solidarité. La co-organisation de la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, quant à elle, dépasse la dimension sportive : elle agit comme un catalyseur d’investissements, d’emplois et de modernisation. Enfin, la réforme fiscale, portée par la loi-cadre n° 69-19, trace la voie d’un système plus équitable, plus transparent et mieux adapté aux exigences de justice sociale.
Cette énumération n’est pas exhaustive : elle illustre seulement quelques-uns des chantiers qui façonnent la trajectoire du Royaume vers plus de stabilité et de modernité. Et pourtant, la myopie journalistique choisit de ne rien voir de ce côté, préférant détourner son regard de ces avancées tangibles pour s’attarder sur des récits biaisés et caricaturaux, des histoires qui n’existent que dans la tête de quelques malades de la paranoïa.
Qu’il ne déplaise aux détracteurs, le Maroc avance
Au-delà de la politique et de l’économie, la polémique soulève une question essentielle : celle de la souveraineté médiatique. Cela signifie le droit pour un pays d’être représenté avec équité dans l’espace médiatique international, sans caricature ni manipulation. Être souverain médiatiquement, c’est revendiquer le respect de son image, de ses choix et de ses institutions, comme prolongement naturel de sa souveraineté politique. Critiquer, oui ; calomnier, non.
Un média dit de référence devrait pratiquer l’honnêteté intellectuelle. En multipliant les articles à charge sans fondement, Le Monde oublie sa mission, se décrédibilise et trahit ses lecteurs. Notre réponse face à cette presse effrénée ? « Circulez, il n’y a rien à voir ». Le journal est bien présent dans les kiosques marocains, mais personne ne s’en émeut. Nous, nous restons ancrés dans nos valeurs et nos principes. Heureusement, le ridicule ne tue pas… et la bêtise, elle, n’a pas de frontières.
Nous, Marocains, ne prétendons ni donner de leçons ni en recevoir. Mais nous savons une chose essentielle : notre unité est notre rempart et notre cohésion, notre force. Et nous y demeurons inébranlablement attachés. Forgée autour de la patrie, de notre Roi et de nos institutions, elle constitue le socle qui nous permet d’avancer avec confiance vers plus de prospérité, de justice et de dignité.
Le Monde ferait mieux de balayer devant sa porte, plutôt que de s’acharner à propager des calomnies. Car le peuple marocain n’est pas dupe : il reconnaît les tentatives de dénigrement, qu’elles soient gratuites ou intéressées, et il y répond par la fierté et la fidélité à sa nation.
Pendant que d’autres vacillent, le Maroc tient debout. Confiant en son avenir, fidèle à ses valeurs, porté par ses citoyens et fort de ses institutions, il avance avec détermination.
Plus qu’un choix, c’est un destin : rester maître de son chemin, solidaire dans l’effort, et résolument tourné vers un avenir de grandeur et de lumière.
Et au fond, tout se résume à cette vérité simple que rappelle la bosse du chameau : on voit toujours celle des autres, rarement la sienne.
Hassan, un citoyen marocain parmi d’autres, outré.