Conflit au Moyen-Orient : le FMI revoit à la baisse ses prévisions de croissance mondiale
Le Fonds monétaire international (FMI) s’apprête à revoir à la baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du conflit au Moyen-Orient, a indiqué sa directrice générale, Kristalina Georgieva, estimant que l’économie mondiale est « mal équipée » pour faire face aux chocs nés de ce conflit.
« Nous étions sur le point de revoir à la hausse nos prévisions de croissance pour 2026. Compte tenu de l’impact de la guerre, nous allons les revoir à la baisse », a déclaré Mme Georgieva dans une interview à l’agence Bloomberg publiée mardi, précisant que les nouvelles projections seront publiées à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, prévues à partir de lundi prochain à Washington.
La directrice générale du FMI a également averti que l’économie mondiale était aujourd’hui « moins bien préparée » à faire face à un ralentissement majeur, et disposait d’outils de réponse moins efficaces qu’avant la pandémie de Covid-19.
Par ailleurs, elle a souligné que le conflit avait déjà entraîné des perturbations majeures, notamment « une crise énergétique mondiale », affectant plus largement les perspectives économiques globales.
En coupant les approvisionnements en provenance de la région du Golfe, riche en énergie, le conflit a déclenché un « choc d’offre négatif, ce qui signifie qu’elle fait grimper les prix », a expliqué Mme Georgieva, ajoutant que la lutte contre l’inflation devrait rester une priorité.
Le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février continue d’entraîner des effets en chaîne sur l’économie mondiale, ainsi que sur le secteur énergétique, souligne Bloomberg.
Sur les marchés énergétiques, les contrats à terme sur le Brent s’échangeaient mardi autour de 110 dollars, contre environ 70 dollars avant le début des hostilités, tandis que les prix des principaux produits dérivés, tels que le diesel et le kérosène, ont également fortement progressé.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump avait menacé de cibler des infrastructures stratégiques, notamment des installations énergétiques et des ponts, si Téhéran ne procédait pas à la réouverture du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique par lequel transite environ un cinquième des hydrocarbures consommés à l’échelle mondiale.