Santé mondiale : l’OMS veut accélérer la mise en œuvre de l’accord sur les pandémies
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé, lundi à Genève, les États membres à conclure les négociations sur l’annexe relative au système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages (PABS), dernier élément nécessaire à l’entrée en vigueur de l’Accord de l’OMS sur les pandémies, adopté en 2025.
Ouvrant la neuvième réunion du Groupe de travail intergouvernemental (IGWG), M. Tedros a exhorté les délégations à négocier avec la volonté d’aboutir, à distinguer les exigences essentielles des éléments souhaitables et à placer la santé publique au centre de leurs discussions.
Il a rappelé que la pandémie de COVID-19 avait mis en évidence les conséquences des inégalités dans l’accès aux vaccins et aux autres outils médicaux, certains pays ayant pu constituer des stocks bien supérieurs à leurs besoins tandis que d’autres attendaient des moyens de protection vitaux.
« Aucun pays ne peut se protéger des pandémies en agissant seul », a-t-il souligné, citant également l’épidémie d’hantavirus survenue plus tôt cette année et l’épidémie d’Ebola toujours en cours en République démocratique du Congo (RDC) comme des rappels de la menace que représentent les agents pathogènes.
Selon lui, la finalisation du mécanisme PABS permettrait de réunir dans un dispositif opérationnel les initiatives internationales déjà engagées en matière de surveillance, de préparation, de développement et de distribution des contre-mesures médicales, ainsi que de partage des échantillons pathogènes.
Le chef de l’OMS a plaidé pour un système fondé sur la transparence, la prévisibilité, la responsabilité mutuelle, les bénéfices partagés et la confiance, estimant que le multilatéralisme et la souveraineté nationale étaient « non pas incompatibles, mais complémentaires ».
Il a également rappelé que la Déclaration politique sur la prévention, la préparation et la riposte aux pandémies adoptée récemment par l’Assemblée générale des Nations unies avait salué l’Accord sur les pandémies et appelé à la conclusion des négociations sur le PABS.
Reconnaissant que plusieurs questions difficiles restaient à résoudre, M. Tedros a invité les Etats à privilégier un compromis permettant de mettre en place un système fonctionnel et susceptible d’être renforcé avec l’expérience, plutôt que de rechercher un dispositif parfait.
“Le monde vous regarde pour achever ce que vous avez commencé”, a-t-il lancé aux délégations, auxquelles il a apporté le soutien du Secrétariat de l’OMS pour les deux semaines de négociations à venir.