Conflit au Moyen-Orient : FMI, BM et AIE mettent en garde contre un choc économique mondial
Les dirigeants de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale (BM) ont alerté, lundi à Washington, sur les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l’économie mondiale, soulignant que son impact est « considérable, mondial et très asymétrique« .
Dans un communiqué conjoint publié à l’issue d’une réunion tenue à l’occasion des Réunions de printemps 2026 du FMI et du Groupe de la BM, ils ont relevé que les effets du conflit touchent « de manière disproportionnée les importateurs d’énergie, en particulier les pays à faible revenu» .
« Ce choc a entraîné une hausse des prix du pétrole, du gaz et des engrais, suscitant des inquiétudes concernant la sécurité alimentaire et les pertes d’emplois» , ont-ils indiqué lors de cette réunion tenue dans le cadre du groupe de coordination qu’ils ont mis en place début avril, ajoutant que certains producteurs de pétrole et de gaz du Moyen-Orient ont également subi une perte importante de leurs recettes d’exportation.
Les responsables des trois institutions ont estimé par ailleurs que la situation demeure « très incertaine» , notant que « le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz n’est pas encore revenu à la normale» .
« Même après la reprise des flux maritimes réguliers dans le détroit, il faudra du temps pour que l’approvisionnement mondial en matières premières essentielles revienne à ses niveaux d’avant le conflit» , ont-ils indiqué, avertissant que les prix des carburants et des engrais pourraient rester élevés pendant une période prolongée compte tenu des dommages causés aux infrastructures.
Ils ont également souligné qu’en raison des perturbations de l’approvisionnement, les pénuries de facteurs de production essentiels risquent d’avoir des répercussions sur les secteurs de l’énergie, de l’alimentation et d’autres industries.
Par ailleurs, les responsables ont évoqué les impacts sociaux plus larges du conflit, indiquant que « la guerre a également provoqué des déplacements de population, eu des répercussions sur l’emploi et entraîné une baisse des voyages et du tourisme, une situation qui pourrait prendre du temps à s’inverser».
Les dirigeants ont indiqué, en outre, avoir présenté leurs dernières évaluations en amont de la publication, mardi, du rapport mensuel de l’AIE sur le marché pétrolier et des Perspectives de l’économie mondiale du FMI.
Ils ont également affirmé avoir examiné la situation des pays les plus exposés et les mesures mises en œuvre par leurs institutions, ajoutant que leurs équipes poursuivent une coordination étroite, y compris au niveau national, afin d’apporter des conseils de politique économique adaptés et, lorsque nécessaire, un soutien financier.
« Nous continuerons à suivre de près et à évaluer l’impact de la guerre sur les marchés de l’énergie, l’économie mondiale et chaque pays, et à coordonner notre réponse et notre soutien à nos pays membres, en collaborant avec d’autres organisations internationales et en tirant parti de leur expertise, si nécessaire, afin de jeter les bases d’une reprise résiliente qui apporte stabilité, croissance et emplois» , ont-ils affirmé.